Ink Interview #1 : Camille et ses tatouages

Une nouvelle rubrique voit aujourd’hui le jour sur Helowise with Love, elle sera entièrement dédiée à l’univers du tatouage. Tous les mois, vous découvrirez des portraits de tatoués à travers mes « Ink Interviews ».  Vous pouvez vous aussi y participer, alors n’hésitez pas à me contacter !
Notre première invitée s’appelle Camille, je lui laisse donc la parole !
Ready, set, go !

Ink Interview

 

Ton surnom : Cam Le

Où habites-tu ? J’habite dans le IX ème arrondissent de Paris, à Pigalle.

Ton métier ? Je suis étudiante en design d’espace à l’Ecole Boulle.

Ta passion ? C’est dur de choisir! Jouer de la guitare et du ukulélé, faire la tournée des galeries, chanter sous ma douche, lire des bande dessinées en buvant des chocolats viennois, rénover des meubles trouvés chez Emmaüs, inventer des recettes, faire du longboard tôt le matin dans les rues.. Et m’endormir involontairement dans le métro, ça c’est vraiment ma passion!

Peux-tu te décrire brièvement ? Brièvement c’est trop dur! Je crois que mes passions ci-dessus me résument plutôt bien.

Qu’est-ce qui t’a poussé à te faire tatouer ? Je ne sais pas vraiment. J’ai fait mon premier tatouage à 18 ans, l’année du bac, je partais de chez mes parents pour entamer des études artistiques, j’avais envie de marquer le coup. Je dessine beaucoup, je me voyais bien avec un dessin tout le temps sur moi.

Qu’est-ce qui te plait dans le fait d’être tatoué(e) ? Le processus de A à Z. Avant, pendant, après! J’adore passer des mois entier à dessiner mes tatouages, à épuiser des feuilles entières de croquis pour au final sortir un tatouages tout mini, tout simple! J’adore la douleur que procure l’aiguille au moment T tout autant que quand le tatouage a fini de cicatriser, et qu’il est encré dans ma peau pour toujours. J’aime mon corps avec toutes ses petites décorations.

Les as-tu dessinés ? Sur les sept, j’en ai dessiné six. Le tout premier, c’est ma soeur qui l’a dessiné. Je galérais tellement à me décider que je lui ai laissé la main. Elle m’a fait un croquis dans l’heure, et il était parfait! C’était parti.

Quelles sont leur histoire ? Le tatouage, pour moi, c’est une sorte de rituel. Je me fais tatouer chaque année à la même période, vers le mois de juin, avant l’été, comme un bilan de mon année. Le premier, je l’ai fait en solo, et tous les autres sont des duos. C’est pour ça que j’en ai un nombre impair, sept! L’autre point commun qu’ils ont, c’est qu’ils sont très simples et très, très petits! Ils sont aussi tous placés de façon à être la plupart du temps cachés. Derrière l’oreille, sur les côtes, dans des creux…

La première année, je me suis faite tatouer une forme représentant tous les symboles de ma famille sur le bras gauche. On peut y voir une dizaine de choses différentes selon l’angle où on le regarde, une plume, une vague, une voile… Mais la forme qui domine est un oiseau. C’est l’année où je suis partie vivre toute seule, où j’ai quitté mes parents. L’oiseau fait écho à ma nouvelle indépendance, mais dans la mesure où il est composé de symboles qui représentent ma famille, je voulais signifier qu’elle ne me quitte jamais, qu’elle est toujours avec moi.

La deuxième année, je me suis fait tatouer sur le bras droit une sorte de boussole, de rose des vents, et au même emplacement mais sur le bras gauche, je verbe « être » en phonétique. Je l’ai fait après mon année de prépa artistique où je devais choisir quelle école intégrer pour de bon. J’avais envie de représenter quelque chose qui serait là pour me guider, qui parle de mon passé, mon présent et mon avenir. En face le verbe « être » écrit en phonétique peut se traduire par une phrase de Sartre dans Huis-Clos, où Garcin dit « Je n’ai pas rêvé cet héroïsme, je l’ai choisis. On est ce qu’on veut. ». Autrement dit, il faut se bouger le cul!! Etre ne se résume pas à un mot, c’est à dire, à vivre, à faire!

La troisième année, je me suis fait tatouer une maison du collectif d’architectes Saunders sur le bras droit, et une forme derrière l’oreille gauche. La maison est un peut particulière, je l’appelle ma « maison qui vole ». C’est une maison très géométrique construite sur un axe de symétrie, elle peut donc se regarder à l’endroit et « à l’envers ». Quand je mets mon bras dans un sens, elle a l’air posée sur le sol. Quand je mets mon bras dans l’autre sens, elle à l’air en l’air! C’est une année où j’ai commencé à avoir envie de voyager, j’ai commencé à travailler, je voulais symboliser l’idée de voyager en emportant sa petite maison avec soi, comme un petit sac à dos, de savoir aussi se poser et se retrouver. Et puis je suis entrée en spécialisation architecture dans mes études, la maison y faisait aussi écho. Derrière l’oreille, j’ai voulu dessiner une petite attache, comme une encre ou un fermoir de collier. Cette attache peut aussi ressembler à une hirondelle, qui sont des oiseaux qui s’envolent mais reviennent toujours à leur nid.

Enfin la quatrième année, je me suis faite tatouer une branche de laurier sur le poignet droit et une constellation sur les côtes. Le laurier est en fait une demi-couronne. Je me suis fait tatouer une seule branche avec comme promesse de me faire tatouer la deuxième le jour où j’aurais l’impression d’avoir accompli un truc dans ma vie qui mérite cette couronne. C’est un peu un pari sur l’avenir, une motivation. Elle est placée sur le poignet car je sais que je vais devoir me battre avec mes petits poings pour accomplir ce dont j’ai envie. Mes amis disent souvent que je suis tellement une éternelle insatisfaite que je me ferais tatouer le deuxième laurier sur mon lit de mort.. Haha. La constellation sur mes côtes est la couronne Boréale. J’aimais bien la symbolique de l’avenir qu’on peut lire dans les étoiles, et que son nom fasse encore écho à un couronnement. Elle, pour le coup, est cachée, sur les côtes, j’aimais bien l’opposition avec la couronne très visible sur le poignet. Cette couronne là est plus intime, plus poétique, moins grande gueule. Et voilà! Mon prochain passage sous les aiguilles est déjà prévu, et ce sera certainement dans la nuque et un petit nouveau sur le bras!

As-tu un ou des tatoueurs favoris ? Bien sur, même si je préfère dessiner moi-même mes tatouages, ça ne m’empêche pas d’être une groupie. Mes 3 amoureux sont : Béatrice Myself, Tarmasz et Encre mécanique.

Pourquoi ? Je ne sais pas, les coups de foudre c’est chimique il parait!

Comptes-tu t’arrêter un jour ? Non, je ne crois pas. J’ai besoin d’encrer un truc chaque année, c’est comme ça, je suis incomplète sans. C’est comme si je me constituais un album photo corporel. Dans quelques années, je me dirais « Ah oui! Je l’ai fait cette année là parce qu’il s’est passé ça! »

Qu’en a pensé ton entourage ? Et au travail ? Ma maman était super opposée. J’ai cru qu’elle n’allait jamais accepter ne serait-ce que le premier. C’était compliqué, j’avais 18 ans, ça faisait un peu la jeune rebelle qui veut emmerder le monde! Maintenant elle a compris. Comme je fais des études d’art, mes tatouages ne sont jamais un problème au travail, tout le monde s’en fiche, c’est assez courant dans le milieu.

Et dans 40 ans ? J’aurais probablement une quarantaine de tatouages, qui sait. Je vais vraiment être une maman et une grand-mère trop stylée!

Comment te vois-tu avec tes tatouages ? Je ne me vois pas sans, surtout.

Un petit mot à tous les tatoués ou futurs tatoués qui te lisent ? Faites ce que vous voulez! Le tatouage n’est pas un obstacle à quoi que ce soit. Comme dirait Xavier Dolan, « rien n’est impossible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais ». Alors si vous avez envie et bien réfléchi, faites le.

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